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Wardown en Mode interview face à Thomas Heng Journaliste Ouest France .. en toute simplicité .. [ Le 24 / 10 / 2008 ]
NTM en concert samedi au Zenith. À 19 ans, Wardown rêve de devenir rappeur professionnel. Pour l'instant, il travaille dans sa chambre, à Bellevue. Patiemment.
Karim « kiffe* » NTM. Lui qui depuis deux ans rappe jour et nuit dans sa chambre aurait adoré assister à leur concert. « Mais 45 ¤, c'est trop cher » pour ce jeune de 19 ans, sans boulot, poussé dans les « técis* » de Nantes. Alors, il laisse le concert aux « bobos » du centre-ville. Sans rancune. « Je les comprends. Ils sont habitués à un mode de vie. Il parait qu'ils ont demandé un paquet pour remonter sur scène. C'est comme les richos. Quand t'as un gros salaire, après, t'as du mal à bosser chez Mc Do. »
NTM ? Le groupe est une simple jaquette dans la discothèque de son insondable culture musicale. Ni plus, ni moins. « J'écoute tout. RN'B, techno, pop et rap américain, allemand, marocain, français. J'aime ce qui est nouveau. En France, NTM, c'est très bien oui. IAM aussi. »
Karim, alias Wardown, est rappeur, bénévole pour le moment. « Mais ça marche bien ! s'emballe-t-il. Je reçois des messages de partout. Des gens qui travaillent avec des grands noms m'ont même contacté par MSN. » Vive internet ! Depuis Bellevue, Karim arrose l'univers entier de ses « sons ». Grisant. « J'ai la foi, j'y crois ! » Il a appris l'anglais en avalant des films en VO et des bouquins. Car l'anglais, dans le rap, c'est essentiel.
« Épuisant »
« Le rap, explique-t-il, est un bout de carton. T'en fais ce que tu veux. Comme beaucoup, tu peux juste le passer de main en main. Ou en faire un petit château. » Fils d'une mère marocaine qui a beaucoup souffert, il raconte sa vie sans craindre de déplaire aux copains. « Je suis Français, et fier de l'être. J'ai deux pays, deux fiertés à porter, c'est tout. La France nous aide et la sécu, c'est pas rien ! Faut arrêter le discours l'État fait rien, tatatitatata... » La caricature, ce n'est pas son truc. « C'est comme les clips de rap... Avec les flingues et les grosses voitures... Pff... »
Son quotidien pas tendre nourrit ses textes. Au collège il a lâché prise. « J'avais des capacités, raconte-t-il. Je voulais faire droit ou médecine. Mais quand tu réussis, t'es un canard*... »
Sans jouer les victimes ou les fiers à bras, il explique avoir bifurqué, ado, direction la « bicrave* » pour ramener des sous à la maison où l'on pointait aux Restos du coeur. « Un vrai dur. Je me croyais dans un film, dans Scarface. Je donnais des coups de main... Mais celui qui te file 500 ¤, il en palpe 10 000... »
Pris dans une grosse bagarre, c'est le déclic. « J'ai pleuré deux mois. Comme si j'étais sorti du coma. Et je me suis mis à la musique. » Il a pris du recul sur les stéréotypes des quartiers et se plaît à les décoder. « Un gars de la cité, si tu veux lui faire plaisir, tu lui dis que c'est chaud chez lui. Il veut être à Paname*, il veut être les États-Unis » « Chaud », ça l'est parfois pour de vrai. « C'est épuisant. Il y a toujours des revanches pour une vieille histoire, comme un match sans fin. » De quoi bâtir des textes, pour évacuer. Faut être sincère, c'est le coeur du rap. « Y'a toujours 85 % de vrai. Après, on en rajoute, c'est normal, pour faire joli. » Comme dans la vie.
Tu Pense Que Le Rap C'est 85% De Vrai Ensuite ILs En Rajoutes Pour Faire Jolie ??